Le paysage du premier ‘furo’

2020-5-1

Avec l’arrivée de la saison du premier ‘furo’, le paysage du salon de thé change énormément. Le ‘ro’, qui portait une bouilloire pendue et une bouilloire de type ‘sukigi’, est bouché ; un ‘furo’ sera installé sur une petite plaque de bois. En mai, on a coutume d’avoir recours à un ‘doburo’, c’est-à-dire un ‘furo’ fait de terre. Celui-ci est biscuité et laqué comme une tuile et une poterie. On dit que le ‘doburo’ fut une invention de Shuko Murata, pionnier de l’art de thé. Il peut avoir des formes diverses, mais on utilise souvent un ‘doburo’ ayant une ouverture à l’avant lors du premier ‘furo’.
 
Le ‘furo’ a trois pieds. Parmi la collection de Kobori Enshû, il y a des ‘furo’ dont les pieds ont des extrémités fines (ce que l’on appelle le type ‘chiashi’). Et l’on a coutume d’utiliser une petite plaque de bois aux veines larges sur laquelle repose le ‘dofuro’. Celles-ci sont larges côté hôte et serrées côté ‘furo’. La plaque peut être assez épaisse et leurs veines sont parfois irrégulières.
 
Si l’on réalise une bonne forme de cendre dans un grand ‘furo’ ayant une ouverture à l’avant, c’est réellement magnifique. Devant un paysage fait de cendre de type ‘ichimonji’ et ‘tôyama’, on se rappelle l’expression « kunnpu jinan rai » (un vent frais qui nous fait du bien). On ne peut pas avoir cette fraicheur pendant la saison du ‘ro’. Après l’installation de charbons et une fois que l’eau est chaude, le ‘maekawara’ change de couleur petit-à-petit. Voir le déroulement de cette mutation fait partie du plaisir du ‘furo’. Une fois que l’eau bouillonne, on passe à une séance de thé épais. Ces différentes étapes montrent à elles seules combien le chanoyu est magnifique.

Nous sommes souvent pris par le désir d’être meilleurs dans l’art de thé et de faire un excellent service de thé, mais que nous puissions apprécier la beauté de ces différentes étapes est déjà un pas en avant.
      *
Je ne peux pas terminer cet article sans évoquer la pandémie qui frappe le monde entier et qui devient de plus en plus préoccupante. Pour notre part, nous avons dû annuler toutes les cérémonies du thé à commencer par celle prévue à la mémoire de kobori Enshû. Et les J.O. de Tokyo ont été reportés d’un. Quelle que soit le degré de gravité de chacun des malades, l’ampleur de la pandémie est extrêmement importante et, du coup, c’est une situation qu’on ne peut plus difficile dans l’histoire de l’humanité. Comment y faire face ? C’est une question à laquelle personne n’a de réponse.
Notre école tâchera de publier sur son site Internet des informations sur les manifestations prévues.